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Le libertinage

Le libertinage est un courant de pensée vieux de cinq siècles. Le Club 54, club libertin de Nice vous offre un petit rappel historique sur cette notion athée, épicurienne dont César et le maréchal de Sade n'étaient pas peu fiers.


Libertin d'esprit et libertin de mœurs

Selon les dictionnaires, deux significations sont acceptées pour le mot 'Libertin' :
Dans sa version d’origine, le libertin est celui qui remet en cause les dogmes établis. Le libertinage tient à l'esprit, quand on cherche plus des besoins que des plaisirs, l'âme est nécessairement sans goût pour le beau, le grand et l'honnête. Quand il est l'effet de l'âge ou du tempérament, il n'exclu ni les talents ni un beau caractère.

Aujourd’hui, nous nous le définissons principalement par une personne qui s’adonne à des plaisirs charnels. Elle mène une vie dissolue. Elle rompt avec les mœurs, mais elle n'affecte pas de les braver. César et le marquis de Sade ont été libertins.

D’après la lecture des théories d'Épicure, le libertinage est un courant de pensée né au XVIIe siècle. Il se développera en Italie grâce à Cardan, Paracelse ou encore Machiavel. Il débouchera sur la notion de raison critique des philosophes au XVIIIe siècle.

Matérialistes, les libertins considèrent que tout dans l'univers relève de la matière, laquelle impose, seule, ses lois. Ils estiment donc que la compréhension du monde relève de la seule raison, reniant, pour beaucoup, la notion de créateur.

On ne retient aujourd'hui volontier que l'aspect sensuel et vaguement immoral du libertinage. Pourtant ce rejet d'une morale fondée sur la vertu n'est finalement que la conséquence de leur philosophie : l'absence de Dieu légitime, l'envie de jouir de sa vie terrestre et cette quête. Il ne se fera néanmoins pas au mépris d'autrui.


Le fait scientifique et le fait religieux

Parallèlement à ce mouvement se développe une école du doute. Un courant de pensée né en Italie remet en question la science s'appuyant sur Aristote et une science thomisme (figée sur les dogmes religieux). Une réflexion naît sur les rapports entre la foi et la raison. A cette époque, Galilée et ses idées coperniciennes démontent les enseignements du philosophe grec : la Terre se trouve au centre de neuf sphères concentriques portant les planètes et les étoiles. Le monde chrétien n'est plus au centre de l'univers au sens géographique. Les découvertes scientifiques se mettent en contradiction avec le dogme hiératique. Les perturbations politiques et les conflits théistes affaiblissent la confiance des populations envers des dirigeants religieux.

Pierre Gassendi (1647) développe au grand jour des écrits comme ceux réhabilitant la philosophie d'Épicure et ouvre la voie au libertinage de mœurs. Ses idées se font plus discrètes après la condamnation de certains libertins à la mort (le philosophe Vanini périt sur le bûcher en 1619), à l'emprisonnement ou à l'exil.


Liberté des chairs

Certains s'engouffrent dans la brèche ouverte par les libertins de pensée. Ils ne se contentent pas de se libérer de toutes contraintes imposées par les us et coutumes pour penser. Ils agissent à leur guise en ne se fixant aucun frein moral. C'est le libertinage de mœurs.
Ils se réclament du même courant philosophique que les libertins de pensée. Malheureusement, leurs excès ont contribué à discréditer le premier mouvement (profanation de lieux saints, blasphème...). Tout est bon pour satisfaire leurs désirs : ils pratiquent sans remords le cynisme et l'hypocrisie, le type même développé par Molière dans sa pièce Don Juan.

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